Les bruissements de la langue
Les bruissements de la langue
« Je parle et tu m’entends, donc nous sommes »*
Voilà une phrase qui résume bien l’ambition du projet. Nous. Ce - nous - là, de liberté, d'écoute, de rassemblement. Non pour écouter une seule vérité, mais pour écouter nos voix multiples. Et c’est précisément parce que nous - nous - écoutons que nous sommes : voilà un des enjeux majeurs de tout poème, et c’est encore plus vrai du poème théâtral dont l’écoute est impensable sans la convergence de quelques-uns, au moins, vers un lieu convenu d’avance, un lieu éminemment politique où nous devenons un « public ». Car le théâtre c’est avant tout, avant le bâtiment, une assemblée éphémère d’êtres humains, réunis pour entendre et voir.
Les œuvres (des pièces de théâtre) et la population : c’est ce que les bruissements de la langue tentent de rapprocher. Recueillir d’un côté des manuscrits d’auteurs vivants et de l’autre, rassembler les habitants, les inviter à lire, à débattre et à choisir.
Les bruissements de la langue s’appuient principalement sur la constitution de comités de lecture chargés de lire et choisir les œuvres présentées lors d’une programmation de lectures scéniques nommée le Grand bruit. Ces comités sont constitués d’habitants, de praticiens amateurs, de compagnies professionnelles, d’élèves…
Les œuvres retenues, manuscrites ou éditées, viennent enrichir le fonds théâtre du réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines. En prise directe avec les bruissements de la langue la compagnie met en place des résidences d’auteur. Celles-ci, outre l’aide qu’elles peuvent effectivement apporter à la production dramatique, ont pour objectif la découverte d’un auteur par la population à travers un cycle de rencontres et pour finalité la lecture de l’œuvre en cours d’écriture lors du Grand bruit.
Ce projet travaille à l’appropriation des œuvres par les habitants (mais aussi à l’appropriation des structures permettant l’accès aux œuvres) et plus largement à celle de la vie artistique et culturelle d’un territoire. Il invite à l’expression personnelle et collective des émotions, des pensées, des représentations suscitées par les textes. Grâce aux manuscrits qu’il diffuse, à l’appui des artistes et des bibliothécaires, grâce aussi aux rencontres avec les auteurs, il offre aux habitants une participation au processus de création très en amont, les familiarise avec la démarche et le questionnement des écrivains.
Saint-Quentin-en-Yvelines : médiathèques

